Les femmes évêques divisent l'Eglise anglicane

 

L'Eglise anglicane a approuvé lundi le principe de l'ordination de femmes évêques. Au grand dam des traditionalistes

A l'issue d'un débat passionné entre libéraux et traditionalistes, le Synode de l'Eglise d'Angleterre, l'Eglise mère de la communauté anglicane, a voté lundi soir en faveur de l'ordination de femmes évêques.

Des membres du clergé, parmi les plus conservateurs, avaient pourtant menacé de faire défection si ce principe était adopté.

L'Eglise anglicane se trouve de facto au bord de l'éclatement. Le Synode, qui se réunissait à York (nord de l'Angleterre) a refusé tout compromis avec les conservateurs, au grand dam de l'archévêque de Canterbury, Rowan Williams.

Bien que tenant de la ligne modernisatrice, le chef de l'Eglise anglicane est préoccupé par les risques de scission. L'instauration de "superévêques", qui auraient été chargés d'officier dans les paroisses refusant les femmes évêques, a par exemple été rejetée. 

Le Synode ignore ainsi les menaces de défection. Début juillet, dans une lettre ouverte adressée à Rowan Williams, plus de 1.300 religieux anglicans avaient menacé de quitter l'Eglise d'Angleterre si la proposition d'ordonner des femmes évêques était retenue.

Les désaccords apparus à l'occasion du Synode ont jeté une lumière accrue sur les querelles qui agitent la communauté anglicane dans son ensemble et ses 77 millions de fidèles dans le monde. Deux sujets fâchent: l'ordination des femmes et celle d'homosexuels.

L'autorité de Rowan Williams a été un peu plus affaiblie par la formation fin juin à Jérusalem d'une nouvelle communion au sein de l'Eglise anglicane, par quelque 300 évêques et archevêques conservateurs dénonçant un "déclin spirituel" en Occident. 

Les dissidents affirment cependant que leur initiative n'est pas un schisme mais la création d'"une Eglise dans l'Eglise" destinée à faire avancer la réforme de l'intérieur.

Réagissant à l'annonce du vote, le Vatican a exprimé mardi son "regret", redoutant "un nouvel obstacle à la réconciliation" entre les deux Eglises.